Le président polonais Andrzej Duda a annoncé qu’il allait signer la loi de réforme des textes de fonctionnement de l’Institut national pour la Mémoire, qui vise à sanctionner pénalement « quiconque publiquement et en dépit des faits attribue à la Nation Polonaise ou à l’Etat Polonais la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis », et surtout à prohiber l’utilisation de l’expression « camps de la mort polonais ». Loi adoptée par le Sénat le1er février malgré la campagne menée par Israël après son adoption par les députés.
Le président a précisé qu’il demandait au Tribunal constitutionnel de vérifier sa conformité avec la loi fondamentale.
Peu avant cette annonce, Joanna Kopcinska, porte-parole du gouvernement, avait fait savoir par une dépêche d’agence, à propos de la polémique israélienne : « Nous parlerons certainement de notre histoire commune bientôt ». La Pologne veut pouvoir discuter de « l’immense implication de la nation polonaise dans le sauvetage des juifs durant la Deuxième Guerre mondiale » mais est prête également à parler « des cas douloureux où des individus se sont comportés odieusement ». Cas montés en épingle par les polonophobes, mais très officiellement reconnus par l’Institut national pour la Mémoire.
La semaine dernière, le Premier ministre Mateusz Morawiecki avait invité un groupe de journalistes étrangers à l’accompagner à Markowa, un village du sud-est du pays où un musée préserve la mémoire d’une famille polonaise exterminée pour avoir caché des Juifs sous l’occupation allemande.
La Pologne est le pays qui compte le plus de « Justes parmi les nations » (titre attribué par Yad Vashem) : 6.700 : plus du quart du total.