Il y a eu du grabuge à la réunion du groupe PPE, mercredi, à la suite du vote de la résolution contre la Pologne. Parce que les députés hongrois du PPE, qui sont tous du Fidesz, le parti de Viktor Orbán, ont publié sur le site du PPE un texte assez violent contre la résolution, jugeant « inacceptable » que des députés européens se moquent du principe de subsidiarité, et « scandaleux » que l’on attaque les gouvernements polonais et hongrois par des accusations non fondées.
Les libéraux du PPE (dont les députés européens de l’opposition polonaise) ont tempêté que les Hongrois avaient « franchi toutes les lignes rouges de la loyauté », « insulté les Polonais » (sic) et les membres du groupe. Car si on savait que les Hongrois voteraient contre la résolution, ils devaient au moins le faire en silence…
Or en fait le communiqué en question figure uniquement en hongrois, sur la page des députés hongrois. Où il est précisé, comme sur les pages des autres nationalités, que « les points de vue exprimés sont ceux de la délégation nationale et ne reflètent pas la position du Groupe ».
On peut mesurer la mauvaise foi des libéraux – notamment des Polonais, et nommément de Janusz Lewandowski et ses lignes rouges de la loyauté.
Le plus amusant est que, trois jours avant, le président du groupe PPE, Manfred Weber, félicitait Viktor Orbán pour sa réélection à la tête du Fidesz, en ajoutant : « Poursuivons notre coopération pour une Hongrie forte dans une Europe forte. »