Il y a un an et demi circulait à Yale une pétition exigeant la « décolonisation » des cours de littérature anglaise où l’on n’étudie que des auteurs hommes, blancs, et hétérosexuels :
« Une année passée autour d’une table de séminaire où les apports littéraires des femmes, des gens de couleur et des homosexuels sont absents nuit activement à tous les étudiants, quelle que soit leur identité. Il est temps que la majeure anglaise décolonise – et non pas diversifie – ses cours. »
Aujourd’hui, la directrice des programmes déclare :
« Nous avons élaboré un programme d’études dont l’objectif est l’inclusion, qui s’inscrit dans les structures de ses exigences, et je suis très enthousiaste à l’idée de le mettre en œuvre et de le développer davantage. »
En fait, il n’est pas sûr que le changement suffise aux pétitionnaires. En fait il a seulement été ajouté au deux séries de cours au choix une troisième qui est le dédoublement du cours sur la poésie anglaise, et une quatrième, un cours d’anglais comparé du monde, enseigné par Stephanie Newell, dont les recherches portent sur « la sphère publique en Afrique de l’Ouest coloniale et les questions de genre, de sexualité et de pouvoir telles qu’elles s’expriment à travers les cultures imprimées populaires ». Ce cours est donc censé répondre aux demandes de « décolonisation ». Mais on voit qu’il n’est pas obligatoire, et en outre on y trouve encore la référence à des mâles blancs hétérosexuels comme Daniel Defoe, John Millington Synge et James Joyce…