Close

Saint Benoît

Ce jour est une férie dans le calendrier traditionnel, avec mémoire de saint Pie Ier. Au moyen âge on fêtait souvent, le 11 juillet, la translation des reliques de saint Benoît (à l’abbaye de Fleury, qui devient Saint-Benoît sur Loire). Chez les bénédictins, c’est devenu la solennité de saint Benoît, qui permet de célébrer avec plus d’éclat le père des moines d’Occident, dont le dies natalis tombe toujours pendant le carême (le 21 mars). Il y a donc dans les cloîtres une Saint-Benoît d’hiver et une Saint-Benoît d’été, avec deux formulaires liturgiques différents bien que les antiennes et répons de l’un et de l’autres soient pris de l’histoire de saint Benoît par saint Grégoire le Grand. Les hymnes du 11 juillet sont de saint Pierre Damien. Voici celle des vêpres.

Gemma caelestis pretiosa regis,
Norma justorum, via monachorum,
Nos ab immundi, Benedicte, mundi,
Subtrahe caeno.

Joyau précieux du Roi des cieux, norme des justes, voie des moines, retire-nous, Benoît, de la boue immonde de ce monde.

Tu solum spernens, cor in astra figens,
Cogis haeredes fieri parentes,
Vas Deo plenum reparare fractum
Promeruisti.

Toi, méprisant la terre, fixant ton cœur dans les cieux, tu contrains tes parents à devenir tes héritiers ; vase empli de Dieu, tu as mérité de réparer celui qui était brisé.

Magnus in parvis eremetia membris,
Vincis aetatem, superas laborem;
Arcta districtae rudimenta vitae
Fervidus imples.

Grand ermite aux petits membres, tu triomphes de l’âge, tu surmontes le labeur ; l’austère apprentissage de la vie d’ermite, c’est avec ferveur que tu le vis.

Strage saxorum puerum sepultum
Mox ut orasti, preces suscitasti,
Sensus hinc carni, caro sanitati
Redditur aeque.

Le serviteur enseveli sous un monceau de pierres, à peine as-tu prié que tu l’as ressuscité. L’âme est rendue à la chair, de même que la chair recouvre la santé.

Jure sub blandae specie columbae,
Nesciam fellis animam sororis,
Summa stellati penetrare caeli
Culmina cernis.

Sous la forme d’une douce colombe tu mérites de voir l’âme de ta sœur, qui ne connaissait pas le fiel, pénétrer les hauteurs du ciel étoilé.

Ipse post clarum referens triumphum,
Celsa devicto petis astra mundo,
Luce flammantem radiante calem
Pallia sternunt.

Tu remportes à ton tour un triomphe éclatant : ayant vaincu le monde tu gagnes le ciel ; des tentures recouvrent le chemin qu’illumine une lumière rayonnante.

Gloria Patri, Genitaeque Proli,
Et tibi, compar utriusque semper
Spiritus alme, Deus unus, omni
Tempore saecli. Amen.

Gloire au Père et au Fils qu’il engendre, à toi honneur égal, Esprit de l’un et de l’autre, gloire au Dieu unique dans tout le cours des siècles. Amen.

Par les moines de Tyniec, en Pologne (un peu endormis…):

ec730c340dd9619dced073d62d0652.jpg

Enregistrer