L’Eglise latine a bazardé le jeûne, pénitence d’un autre temps que notre temps ne saurait perpétuer, et en conséquence la néo-liturgie dite latine a gommé la notion et le mot de jeûne, n’en gardant que ce qu’en dit l’Evangile qu’on ne peut tout de même pas réécrire complètement.
Je me suis demandé avec quelle fréquence la liturgie (latine traditionnelle) évoque le jeûne au temps du carême.
J’ai compté. Et c’est au moins cinq fois par jour. Jusqu’à 12 fois.
Dans l’office propre du carême le jeûne est évoqué dans les hymnes de matines et des vêpres, dans le capitule de tierce, dans l’antienne de sexte : quatre fois.
A quoi s’ajoute, à la messe, la belle préface propre (qui souligne qu’on parle bien du jeûne corporel):
Qui corporáli jejúnio vitia cómprimis, mentem élevas, virtútem largíris et prǽmia.
Vous qui, par le jeûne corporel, réprimez les vices, élevez l’âme, accordez la force et les récompenses.
En outre, la collecte de la messe évoque fréquemment le jeûne. Cette collecte étant dite également dans cinq offices de la journée, cela fait six fois de plus.
Six et cinq: onze.
Ceci sans compter les jours où un psaume évoque le jeûne (il y en a trois), ni les jours où une autre oraison de la messe évoque le jeûne. Ce qui fait que certains jours on arrive à 12 fois.
On a curieusement considéré, à rebours de la tradition constante et unanime, qu’il n’y avait plus besoin du jeûne pour réprimer les vices, élever l’âme et obtenir la force et les récompenses… Mais le témoignage des 5 à 12 fois par jour de la liturgie traditionnelle continuera de témoigner de l’importance du jeûne, jusqu’à ce que l’Eglise latine redevienne latine.