Le 21 juin dernier avait lieu au Vatican une conférence organisée par l’Académie pontificale des sciences, sur le thème « Esclavage moderne et changement climatique ». Comme je ne comprenais même pas l’intitulé, je n’en ai pas parlé. Mais voici que LifeSiteNews publie un texte d’Elisabeth Yore, juriste internationale luttant contre les trafics d’enfants, qui me semble mériter d’être lu. Elisabeth Yore constate que tous les maires et gouverneurs invités au Vatican étaient des hommes de gauche, militants de l’avortement et des « droits » LGBT. Il semble que ce ne soit pas seulement les Américains. Nous en avons nous-mêmes un exemple avec Anne Hidalgo, qui ne tarit pas d’éloges sur François et son encyclique depuis qu’elle est revenue de Rome. Sur la première photo ci-dessus, on voir Manuela Carmena lors de la conférence. Manuela Carmena, maire de Madrid, c’est “Podemos” : l’extrême gauche, et on sait ce qu’est l’extrême gauche espagnole. Sur la deuxième photo, on voit un carton « Karin Wanngård » : c’est le maire de Stockholm, elle est une militante du « parti social-démocrate suédois des travailleurs ». En réalité ce n’est pas elle qui se trouve derrière le carton, mais Valeria Mazza, qu’on voit aussi sur la première photo. Ici on touche au ridicule absolu. Valeria Mazza était à la droite du chancelier de l’Académie pontificale. A quel titre ? Aucun. Sur son carton est indiqué « maîtresse des cérémonies ». Valeria Mazza n’a d’autre titre de gloire que d’avoir été la plus connue des top-models d’Argentine (et d’avoir défrayé la chronique judiciaire avec son mari l’homme d’affaires Alejandro Gravier pour des soupçons de deux millions de dollars d’impôts impayés et un faux bail destiné à masquer une évasion fiscale). Valeria Mazza a été invitée personnellement par François pour faire la potiche de luxe lors de la conférence… C’est assurément infiniment moins grave que, par exemple, la convocation de la journaliste altermondialiste Naomi Klein (encensée par la Ligue communiste révolutionnaire) pour présenter l’encyclique au Vatican. Mais c’est significatif du n’importe quoi ambiant, qui n’a plus qu’un rapport très lointain avec la foi catholique.
Voici une traduction de l’article d’Elisabeth Yore, d’abord paru le 21 juin dans Pewsitter, et reproduit le 29 juillet sur LifeSiteNews. (Le titre et diverses expressions, dont la première phrase, font référence à Alice au pays des merveilles, autrement dit au type même du « nonsense », au monde absurde qu’est devenu le Vatican.)
Le goûter (tea party) du chapelier fou :
Rayon de lune et les maires débarquent au Vatican
Dans un autre terrier de lapin blanc nous tombons…
Le gouverneur de Californie Jerry “Rayon de lune” Brown et huit maires américains démocrates débarquent au Vatican aujourd’hui pour pratiquer leur culte à l’autel de la nouvelle religion de l’environnementalisme. La dernière sélection des éco-experts du Vatican devient de plus en plus « curieuse ». Dans l’éco-pays des merveilles du Vatican, tout est renversé : la gauche est à droite, le mal est le bien, ce qui est moral est ce qui est écologique. Malgré l’affirmation de François dans Laudato Si qu’il est ouvert au dialogue de tous côtés, aucun maire ou gouverneur républicain n’a été invité à l’éco-convention.
Derrière chaque porte il y a un homme politique plus radical, plus anti-catholique, invité par le Vatican afin d’obtenir son soutien pour son éco-décret. La Potion « Bois-moi » de l’environnementalisme est distribuée jusqu’à plus soif par l’Académie pontificale des sciences sociales, car c’est elle qui met la table pour les objectifs de l’ONU pour le développement durable.
La délégation des écolos municipaux de gauche dirigée par le gouverneur Rayon de lune sont présentés comme des invités d’honneur à la réunion d’avant-match du rallye du changement climatique. Jerry “Panneau solaire” Brown fait la génuflexion devant l’autel du réchauffement climatique :
« La religion traite des fondamentaux. Lorsque vous traitez des fondamentaux de ce qui fait l’atmosphère et le temps, et si cela change de façon permanente ou radicalement ou, c’est très similaire à un principe fondamental du bien et du mal. »
La nouvellement baptisée “religion de l’environnementalisme” scandée par le gouverneur Brown prépare le terrain pour la prochaine visite papale aux Etats-Unis, le sommet des Nations Unies sur le développement durable, et le traité de Paris sur le climat. Le gouverneur Brown donne l’onction à la nouvelle force morale et religieuse du mouvement écologique :
« Le Pape François apporte au changement climatique une dimension morale et théologique qui s’ajoute au marché et aux calculs politiques. »
Oui, le mouvement de réchauffement global est immensément réchauffé par l’arrivée et la présence de la source d’énergie qui lui a longtemps manqué, une voix morale, que fournit maintenant le Pape François. Pourtant, l’auteur et anthropologue Michael Crichton a mis en garde sur les dangers de déifier le mouvement du changement climatique :
« La science nous offre la seule voie hors de la politique. Et si nous laissons la science devenir politisée, alors nous sommes perdus. Nous allons entrer dans la version Internet de l’âge des ténèbres, une ère de craintes mouvantes et de préjugés sauvages, transmis à des gens qui ne connaissent pas mieux. Cela n’est pas un bon avenir pour la race humaine. C’est notre passé. Donc, il est temps d’abandonner la religion de l’écologie, et de retourner à la science de l’écologie, et de fonder fermement nos décisions politiques sur cela. »
Ces politiciens démocrates partagent le point de vue du pape sur le changement climatique mondial et le développement durable selon les Nations Unies. Curieusement, toutefois, ces personnalités politiques que le Vatican a triées sur le volet et personnellement invitées sont des ennemis acharnés de l’enseignement moral de l’Église, qui promeuvent activement et agressivement des politiques et des lois en contravention directe avec les principes de l’Église catholique.
Prenez par exemple, Jerry « ex séminariste » Brown. Brown soutient l’avortement légalisé et le mariage homosexuel. En 2013, Brown a signé une des lois les plus radicales du pays sur l’avortement, qui a donné aux femmes de Californie un plus large accès à l’avortement en permettant aux infirmières et certains autres non-médecins de pratiquer l’intervention au cours du premier trimestre de la grossesse. Brown s’est également opposé à un projet de loi interdisant le mariage homosexuel.
Peut-être l’archevêque Gomez de LA a-t-il appelé le Vatican et demandé pourquoi vous accueillez au Vatican un baptisé catholique qui, comme homme politique, a favorisé l’avortement et le mariage homosexuel en contravention avec la foi et la morale de l’Église catholique ? Cela pourrait être un signe de confusion et de contradiction pour les fidèles catholiques.
Qu’en est-il d’Ed Lee, maire démocrate de San Francisco, écologiste et promoteur de l’avortement ? Est-ce que le Vatican s’est entretenu avec l’archevêque Cordileone à propos de l’invitation d’Ed Lee?
Qu’en est-il des maires démocrates Hodges (Minneapolis), Hales, (Portland), Liccardo (San Jose), Landrieu (Nouvelle-Orléans), tous invités de l’Académie pontificale des sciences sociales, qui sont tous pro avortement, pro LGBT, en contravention avec l’enseignement catholique ?
Est-ce que les catholiques sont libres d’ignorer et de fermer les yeux sur les positions anti-catholiques de ces politiciens ? Est-ce que les croyances environnementales des maires sont plus importantes pour le Vatican que leur position sur l’avortement ou le mariage homosexuel ? Que doivent croire les catholiques quand, selon le propos de Mgr Sorondo du Vatican, « nous invitons qui nous voulons » ? Est-ce parce que l’Académie pontificale des sciences sociales est devenu un forum radical pour magnifier, non pas les principes de la foi catholique, mais la nouvelle religion de l’écologie ?
Sûrement l’invitation du pape au maire Marty Walsh de Boston doit avoir soulevé l’ire du cardinal Sean O’Malley de Boston, l’un des huit cardinaux du Cabinet de François. Le cardinal O’Malley a-t-il été affligé par l’invitation du pape à l’homme politique catholique le plus éminent de Boston, qui est furieusement pro-avortement et a refusé de participer à la parade de la Saint-Patrick à cause de la position de l’Eglise sur les LGBT ? Certainement, François répondrait à un appel téléphonique du cardinal O’Malley à propos de l’adversaire politique et moral de l’archidiocèse.
Est-ce que l’éminent et populaire Cardinal Timothy Dolan de New York a été mécontent de l’invitation au maire Bill de Blasio de parler au Vatican ? Le Cardinal Dolan n’est pas une mauviette et a certainement exprimé son mécontentement quant à l’invitation d’un pro-avortement radical, d’un militant pro-LGBT. En fait, de Blasio est un partisan de longue date des sandinistes marxistes du Nicaragua et de Blasio a même passé sa lune de miel à Cuba, en violation de l’interdiction de ces voyages. A Cuba ! Pas étonnant que de Blasio ait été invité à prendre la parole à la conférence.
De Blasio soutient le mariage homosexuel et a même procédé à un tel mariage. Lui aussi, comme le maire Marty Walsh, a refusé de participer à la parade de la Saint-Pat’ pour protester contre la position de l’Eglise. Ne vous inquiétez pas, de Blasio a les pouvoirs politiques dont le Vatican a besoin dans sa campagne environnementale.
Et ce sont ces hommes que François a décrits lors de la conférence comme « la conscience de l’humanité » ?
La semaine dernière, les catholiques ont appris que le pape de l’Eglise catholique romaine n’a pas été offensé par un crucifix en forme de marteau et de faucille. Cette semaine, le pape accueille en avance la convention démocrate, avec les gauchistes anti-catholiques les plus radicaux de la politique américaine. Crichton a vu le danger de mélanger l’écologie avec la religion, une théologie qui domine le Vatican sous le pontificat de François:
« Nous sommes des pécheurs énergétiques, condamnés à mourir, à moins que nous cherchions le salut, qui est maintenant appelé la durabilité. La durabilité est le salut dans l’Eglise de l’environnement. »
Cette semaine, le Vatican organise la 7e Conférence de la papauté de François sur le développement durable en invitant 60 politiciens de gauche du monde entier. Mgr Sorondo, qui accueille l’événement, quand on lui demande si la « présence exclusive de maires de la gauche n’est pas un signe de partialité », répond fougueusement que « l’invitation est ouverte à tout le monde ».
Selon les mots de l‘Alice de Lewis Carroll, « je ne crois pas qu’il y ait un atome de signification là-dedans ».

