L’office monastique férial est assez différent de l’office romain en ce temps de Pâques. Les matines n’ont qu’une « lecture brève » constituée des trois premiers versets du chapitre 6 d’Osée (qui avec les trois suivants sont le deuxième « cantique » du troisième nocturne des matines du dimanche) :
Venite, et revertamur ad Dominum, quia ipse cepit, et sanabit nos ; percutiet, et curabit nos. Vivificabit nos post duos dies ; in die tertia suscitabit nos, et vivemus in conspectu ejus. Sciemus, sequemurque ut cognoscamus Dominum.
Venez, et retournons au Seigneur, car Il nous a fait captifs, et Il nous délivrera; Il a blessé, et Il nous guérira. Il nous rendra la vie après deux jours; le troisième jour Il nous ressuscitera, et nous vivrons en Sa présence. Nous saurons, et nous suivrons le Seigneur, afin de Le connaître.
Le texte a été choisi bien évidemment parce qu’il est une annonce de la résurrection le troisième jour. Mais on remarquera qu’il s’agit de notre résurrection : le Christ est ressuscité pour que nous soyons nous aussi ressuscités. Sa résurrection est le signe et de notre résurrection, acquise par la sienne, et c’est ce que souligne la liturgie. Et elle le redira d’une autre façon à la fin du second nocturne, par ce capitule tiré de l’épître de saint Paul aux Romains, et qui est un « refrain » du temps pascal :
« Consepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem : ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gloriam Patris, ita et nos in novitate vitæ ambulemus. »
Nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle.
Déjà nous devons marcher en ressuscités… (Ce n’est pas le plus facile…)