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La Pravda du synode

François a décidé que le synode se déroulerait à huis clos. On n’aura donc aucune des interventions des cardinaux. On n’aura que ce que voudra bien dire le Vatican, essentiellement un communiqué par jour, anonyme, censé synthétiser les débats, et ne donnant aucun nom. On se croirait revenu à la Pravda d’autrefois. En URSS.

Les communiqués sont évidemment rédigés par des gens qui obéissent à la stratégie du pape. Hélas, les deux premiers paraissent confirmer que François a l’intention de passer en force pour imposer la ligne Kasper, que l’on reconnaît immédiatement.

Extraits du premier communiqué :

« L’Eglise doit œuvrer par attraction, avec amitié envers le monde. Face aux couples en crise, à l’instar de Dieu, elle doit être compréhensive et miséricordieuse, et envisager la question sous le profil d’une justice respectueuse du dessein divin. Certes, le mariage demeure un sacrement indissoluble. La vérité étant le Christ et non un ensemble le règles, il convient de maintenir les principes tout en adaptant les formes. La nouveauté dans la continuité, ainsi que le disait Benoît XVI. Si le Synode ne met pas en discussion la doctrine, il réfléchit sur la pastorale, sur le discernement spirituel nécessaire à l’application de la doctrine face aux problèmes de la famille. La miséricorde n’élimine pas les commandements, elle en est la clef herméneutique. »

« On a convenu de la nécessité d’aborder avec respect certains cas, telles les unions libres marquées du sceau de l’amour et de la fidélité, qui présentent des éléments de sanctification et de vérité. »

Extrait du deuxième communiqué :

« L’enseignement de l’Eglise doit être plus incisif et ne pas se limiter à des interdits. Comme Jésus, elle doit se faire proche des personnes. En agissant ainsi il sera possible de réduire la fracture entre doctrine et pratique, entre enseignement ecclésial et vie familiale. Il n’est pas question de choisir entre doctrine et miséricorde mais de développer une pastorale éclairée, encourageant des familles en crise qui souvent ne ne sentent plus appartenir à l’Eglise. Face aux couples en difficulté et aux divorcés remariés, l’Eglise soit présenter la vérité et non point un jugement. Avec compréhension, elle doit convaincre les intéressés à suivre la vérité, à suivre l’Eglise qui dit la vérité. C’est la miséricorde qui soigne et accompagne, d’autant que les familles en crise n’attendent pas des solutions pastorales rapides. Elles ne veulent pas être de simples statistiques mais se sentir comprises et aimées. Il faut accorder plus d’espace à la logique sacramentale qu’à la logique juridique. Pour ce qui est de l’Eucharistie aux divorcés remariés, il a été réaffirmé qu’il ne s’agit pas du sacrement des parfaits mais de qui chemine. »