Close

Gotovina acquitté et libéré

Seul Français à avoir été jugé (mais comme croate) par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), le général Ante Gotovina, condamné en première instance à 24 ans de prison pour crimes de guerre, a été acquitté en appel ce matin, et le tribunal a ordonné sa libération immédiate. Le tribunal a également acquitté le général de la police croate Mladen Markac, condamné en première instance à 18 ans de prison.

Des milliers de Croates, rassemblés sur la place Ban-Jelacic devant un écran géant, ont accueilli le verdict dans une explosion de joie.

Hier, ils avaient été très nombreux, avec des centaines d’anciens combattants en uniforme, devant le monument érigé à la mémoire des victimes de la guerre d’indépendance, afin de prier pour le héros national Gotovina et pour Markac. Flambeaux et drapeaux à la main, ils s’étaient ensuite rendus devant la cathédrale pour une autre prière. Des manifestations semblables ont eu lieu dans tout le pays, à l’appel de l’Eglise qui a toujours soutenu Gotovina.

Lors du jugement de première instance, la conférence épiscopale avait publié un communiqué dénonçant la condamnation des deux généraux pour, disait le jugement, « entreprise criminelle commune » dont le président de l’époque Fanjo Tudjman était « un membre clé » : c’est une « formulation infondée » et une « insulte grave pour le peuple croate et pour la justice en général », répliquait l’Egise. « Nous, les évêques croates, ensemble avec nos fidèles, partageons l’incrédulité et la tristesse devant ce jugement et son explication juridique. »

Ante Gotovina avait quitté la Yougoslavie à l’âge de 18 ans ; il s’était fait matelot, puis il était entré à la Légion étrangère. Il avait obtenu la nationalité française en 1979 et il était resté en France, où il s’occupait d’affaires de sécurité (en lien avec divers membres de la droite nationale). En 1991 il était retourné en Croatie pour participer à la libération de son pays, et il était devenu un héros pour tout le peuple croate.

En 2001, poursuivi par la vindicte de Carla del Ponte, il est inculpé par le TPIY. Juste avant il a fait renouveler son passeport à l’ambassade de France de Zagreb. Il s’enfuit et devient introuvable. Il a divers services secrets à ses trousses, mais il est protégé par la DGSE. Toutefois, le 14 mars 2005, Carla del Ponte dit à Jacques Chirac qu’elle sait que la DGSE protège Gotovina : et donc la DGSE abandonne Gotovina. Quelques mois plus tard, Carla del Ponte, sans aucun fondement et par pure haine contre l’Eglise, accuse le Vatican de protéger Gotovina. Le général sera arrêté aux Canaries en décembre de la même année.