Les observateurs s’accordent pour dire que le nouvel archevêque de Canterbury et primat de la Communion anglicane, dont le nom sera officiellement dévoilé demain, est Justin Welby.
Le moins qu’on puisse dire est que c’était un « outsider » : Justin Welby, 56 ans, n’est évêque (de Durham) que depuis un an, et ne siège à la chambre des lords que depuis janvier dernier.
C’est une vocation tardive. Il a d’abord été cadre supérieur chez Elf Aquitaine, avant de devenir, jusqu’en 1987, trésorier d’une entreprise anglaise d’exploration pétrolière.
Arrière petit-fils de Sir Montagu Butler et fils de la secrétaire privée de Churchill, Justin Welby a fait ses études à Eton et au Trinity College de Cambridge : le top du top. Il est membre du très huppé Pall Mall Club, et avant d’entrer dans la hiérarchie anglicane il fréquentait la non moins huppée et célèbre paroisse de la Sainte Trinité de Brompton, c’est-à-dire « HTB », comme ils disent, dont le curé, comme son prédécesseur, est un ancien d’Eton et du Trinity College de Cambridge…
Aussi certains s’inquiètent-ils du charisme que peut avoir Justin Welby vis-à-vis des classes populaires…
Mais l’important est que Justin Welby incarne le « juste milieu » qui permette encore de fédérer plus ou moins une Communion anglicane en décomposition avancée. Il est assurément « évangélique » au point d’accepter le pire (il a béni un service liturgique d’Halloween intitulé La nuit des morts vivants en tant que doyen de la cathédrale de Liverpool) mais il aime la liturgie bénédictine (il fait même des retraites dans un monastère), il est favorable à l’ordination épiscopale des femmes, mais pas au « mariage » homosexuel ni aux évêques homosexuels, etc., mais il est partisan de tous les arrangements possibles…