Il y a (au moins) trois façons de raconter ce qui s’est passé hier à Benghazi.
1 – Il y a la façon des incurables thuriféraires des printemps arabes :
Hier, à Benghazi, le peuple, avec à sa tête les jeunes qui ont mené la révolution contre Kadhafi, a manifesté contre les milices islamistes, et, joignant le geste à la parole, a chassé la milice Ansar al Charia (accusée de l’attaque de l’ambassade américaine) de son quartier général, et de la ville.
2 – Il y a la façon de ceux qui recherchent une information un peu plus crédible (le QG d’Ansar al Charia étant l’ancien super-bunker de Kadhafi à Benghazi, défendu par des blindés, on n’imagine pas de braves manifestants s’en emparer) :
Hier, à Benghazi, le très fragile pouvoir libyen a marqué un point en profitant d’une manifestation populaire pour reprendre le quartier général d’Ansar al Charia, avec l’appui de ses avions et de ses hélicoptères.
3 – Il y a la façon peut-être trop désabusée (ou caricaturale) mais qui risque fort d’être la plus proche de la vérité :
Hier, à Benghazi, on a assisté à un nouvel épisode de la lutte entre les factions rivales. La Libye, comme certains l’avaient prévu, glisse dans une situation à la somalienne.