Dans les « offices propres de la congrégation de France de l’Ordre de saint Benoît », il y a aujourd’hui la fête de saint Vanne et saint Hydulphe. Qui n’est célébrée nulle part, puisque à ma connaissance aucun monastère issu de Solesmes ne suit le calendrier établi par dom Guéranger.
Saint Vanne (en latin Vitonus) était l’évêque de Verdun sous Clovis. Saint Hydulphe fut le fondateur de l’abbaye de Moyenmoutier, au VIe siècle. Leurs noms furent réunis en 1601 lorsque dom Didier de La Cour, de l’abbaye Saint-Vanne de Verdun, créa avec l’abbaye Saint-Hydulphe de Moyenmoutier une nouvelle congrégation, qui revenait à la véritable observance de la règle de saint Benoît.
Cette congrégation, à laquelle appartinrent dom Calmet ou… dom Pérignon, réunit 23 monastères et deux prieurés, et elle fut supprimée à la Révolution française, comme la congrégation de saint Maur (fondée par Louis XIII en France sur le modèle de la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe fondée en Lorraine) – et ce qui restait de l’ordre de Cluny.
Lorsque dom Guéranger ressuscita le monachisme bénédictin en France, il voulut se mettre résolument dans la tradition des grandes congrégations d’avant la Révolution. Et même il voulait appeler sa congrégation Saint-Maur. Mais le Saint-Siège ne le voulut pas, car il n’y avait aucune affiliation réelle. D’où le nom de Congrégation de France (qu’on appelle aujourd’hui Congrégation de Solesmes). Dans le calendrier de sa congrégation, dom Guéranger veilla à ce que soit faite une belle place aux saints abbés de Cluny, à saint Maur, et à saint Vanne et saint Hydulphe.
Omnipotens sempiterne Deus, qui per beatos pontifices Vitonum et Hydulphum Ecclesiam tuam laetificasti, et ordinis monastici splendorem restituere dignatus es, fac nos opem eorum jugiter experiri, et praemia consequi sempiterna. Dieu éternel et tout-puissant, qui par les saints pontifes Vanne et Hydulphe as réjoui ton Eglise, et as daigné restituer la splendeur de l’ordre monastique, fais que nous tentions toujours de réaliser leur œuvre, et que nous obtenions les récompenses éternelles.