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Gilets jaunes

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Il y aura sans doute un livre à écrire sur les trouvailles des « gilets jaunes », tant dans leurs slogans que dans leurs actions (car ils sont autrement plus créatifs que les élites qui les méprisent). Un joli petit exemple avec ces radars transformés en cadeaux de Noël…

En Inde

Séisme électoral en Inde, où il y avait ces derniers jours des élections dans cinq Etats. Au Telangana, le parti local au pouvoir a renforcé sa majorité, et au Mizoram le parti du congrès s’est fait ratatiner par le « Front national Mizo ». Mais l’important est que le BJP, le parti nationaliste hindou, a perdu les élections dans trois grands Etats qui sont des Etats clés. Deux d’entre eux étaient des bastions du BJP : le Chhattisgarh et le Madhya Pradesh. Tous deux gagnés par le parti du congrès de Rahul Gandhi, qui a retrouvé sa première place au Rajasthan, le plus grand Etat de l’Inde.

C’est plutôt une bonne nouvelle pour les chrétiens, car les persécuteurs sont des nationalistes hindous qui se sentent confortés par le pouvoir.

Les prochaines élections générales auront lieu en mai prochain. Les observateurs rappellent que les élections régionales n’annoncent pas forcément le résultat des élections nationales. Mais ils soulignent aussi que le BJP a perdu notamment à cause de son mépris des paysans. Or cela vaut pour tout le pays.

Dépouille halal

Lorsque l’ineffable Castaner, ministre de l’Intérieur de son état, a été informé de l’identité du tireur de Strasbourg, il s’est empressé de déclarer que l’homme était connu comme délinquant de droit commun. Sans faire mention du fichier S.

Bref, non seulement ce massacre n’avait rien à voir avec l’islam, ce qui est systématiquement le cas, mais le coupable n’était même pas un de ces curieux « radicalisés » d’on ne sait quoi.

Comme si Castaner n’imaginait pas que peu après tout le monde saurait que l’homme était fiché S et connu pour sa « radicalisation ». Il est encore plus idiot qu’il n’en a l’air.

L’un des concepts que l’on refuse de prendre en considération est l’islamo-gangstérisme. Il est apparu au début des années 2010, et les analystes chargés des rideaux de fumée l’ont récusé, et il a quasiment disparu, avant de réapparaître ces temps-ci en Allemagne, où l’on se penche sérieusement, semble-t-il, sur le « gangstérisme islamique ».

Peut-être un jour quelqu’un découvrira-t-il que le concept est une réalité et que les deux mots n’ont rien d’antinomique : dans le Dar al Harb, le territoire de la guerre, il est parfaitement halal de dépouiller les mécréants. C’est ce que Mahomet, le « beau modèle », faisait à grande échelle.

Le droit d’insulter Bernanos, Poulenc, et les martyrs

La cour d’appel de Versailles a rendu un arrêt qui permet à une société de production de commercialiser une version ignoble dénaturant les Dialogues des carmélites de Francis Poulenc. En outre, la cour condamne les défenseurs de l’œuvre à payer 2000 € au Land de Bavière, au producteur du DVD et à la chaîne musicale qui y est associée.

Au Land de Bavière, parce que cette ignominie a d’abord été représentée à Munich et que le spectacle a donc été enregistré dans la capitale de la très catholique Bavière où personne ne s’est insurgé contre ce qu’on faisait subir au chef-d’œuvre de Poulenc et Bernanos.

En bref les Dialogues des carmélites mettent en scène une sorte de secte de femmes cinglées et misérables, enfermées dans une cabane sordide, qui finissent par décider de se suicider au gaz. Blanche arrive juste à temps pour les sauver une à une, puis elle meurt dans l’explosion. (Voir ci-dessous ce que j’en disais en 2010 dans Daoudal Hebdo). Exit le carmel, exit la Révolution française, exit la foi, exit le martyre.

Les ayants droit de Bernanos et de Poulenc avaient saisi la justice pour que soit interdite la commercialisation en DVD de ce spectacle qui dénature l’œuvre de façon évidente et particulièrement abjecte (et antichrétienne, mais cela notre justice n’en a rien à faire).

En 2014, le tribunal de Paris avait débouté les plaignants. Au nom bien sûr de la liberté des cultureux d’aujourd’hui de salir tout ce qu’ils touchent, et particulièrement les parasites qui se disent metteurs en scène. Mais la cour d’appel, l’année suivante, leur avait donné raison, considérant « que si une certaine liberté peut être reconnue au metteur au scène dans l’accomplissement de sa mission, cette liberté a pour limite le droit moral de l’auteur au respect de son œuvre, dans son intégrité et dans son esprit, qui ne doit pas être dénaturé ». La commercialisation du DVD devait donc cesser immédiatement.

Ce qui avait déclenché les hauts cris de toute la camarilla des cultureux sur la liberté absolue de l’artiste, le scandaleux retour de la censure etc.

Les furieux, soutenus par leur parti, portèrent l’affaire en cassation. Et la Cour de cassation annula l’arrêt et renvoya le procès devant la cour d’appel de Versailles. Laquelle vient donc de leur donner raison. Et ces magistrats ne se contentent pas de dire que les parasites dits « metteurs en scène » ont le droit de saccager les chefs-d’œuvre, ils se font critiques de théâtre et nous expliquent que la suppression du martyre des carmélites n’est pas une altération de l’œuvre : « La disparition dans l’œuvre litigieuse de la mort collective ne peut caractériser une altération du sens de l’œuvre alors même que ce thème est souligné par la mort de Blanche. » Sic.

Quand l’opéra devient antichrétien

(Daoudal Hebdo, février 2010)

Pour être apprécié des cultureux, un metteur en scène d’opéra se doit d’être « provocateur ». C’est-à-dire de présenter des scènes qui n’ont rien à voir avec ce que disent le livret et la musique. La meilleure mise en scène est celle qui attire les sifflets du public, car alors on voit clairement que le metteur en scène a atteint son but, « choquer le bourgeois ». Et peu importe que ce « bourgeois » soit un prolétaire qui s’est saigné aux quatre veines pour acheter un billet et qui s’estime à juste titre insulté par le metteur en scène.

Les procédés de base sont bien connus depuis longtemps : on fait le contraire de ce que dit l’opéra. Lorsque les protagonistes se parlent, il se tournent le dos, lorsqu’un personnage déambule, il reste sur place (mieux encore : Salomé restant assise, immobile, pendant la danse des sept voiles), lorsque l’action se situe près d’une rivière on la place dans le désert, et d’une façon générale les lieux que l’on représente ne doivent avoir aucun rapport avec le lieu où se situe l’action. Et l’on choisira de préférence des décharges publiques, des usines désaffectées, des terrains vagues…

L’action est généralement transposée au XXe siècle. C’est parfois intéressant, c’est souvent absurde. On pourrait dire aujourd’hui qu’elle est transposée au XXIe siècle, mais le siècle passé continue d’avoir les faveurs des metteurs en scène. Parce qu’ils sont toujours dans la mode « rétro », et surtout parce que « les heures les plus sombres » sont l’époque préférée. Tout opéra prend du sens quand on le transpose au cœur de la Seconde Guerre mondiale : quand les méchants sont des nazis on comprend plus facilement l’intrigue…

Bien entendu, il est recommandé d’introduire dans l’opéra le thème de l’antiracisme et de la défense des immigrés. Ainsi ai-je vu un Don Giovanni de Mozart qui se passait dans les bureaux de la Défense, où les paysans de l’opéra étaient les immigrés exploités s’occupant du ménage (et qui gagnent la partie, naturellement, quand ce méchant cadre supérieur arriviste de Don Juan est assassiné)…

Mais tout cela ne suffisait pas. La tendance qui se dessine depuis quelques années est d’ajouter à ces délires une pointe d’anti-christianisme. Un petit blasphème qui va pimenter la chose.

 

Idoménée à Berlin : le Christ décapité

 

En septembre 2006, le Deutsche Oper de Berlin devait donner des représentations d’Idoménée de Mozart, où, à la fin, le héros sort d’un sac ensanglanté les têtes de Poséidon, Bouddha, Jésus et Mahomet, et les dépose sur des chaises.

La police ayant prévenu la direction de l’opéra que cela risquait de susciter de violentes réactions islamistes, l’opéra fut déprogrammé. Ce qui suscita un tollé de la classe politico-médiatique, Mme Merkel en tête, disant qu’il était intolérable de céder à d’éventuelles menaces et que la liberté d’expression était sacrée.

C’était juste avant la première Conférence de l’islam, organisée par le gouvernement avec les principales organisations musulmanes. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Wolfgang Schaüble (aujourd’hui ministre des Finances), régla l’affaire et annonça qu’il irait voir l’opéra en compagnie des dirigeants des organisations musulmanes, qui étaient en parfait accord avec lui.

L’opéra fut donc donné en décembre, mais aucun chef musulman n’y alla. Au contraire, ils firent savoir que c’était inimaginable, et qu’ils avaient été instrumentalisés par le ministre.

Tout au long de cette polémique, il n’y eut aucune voix pour dire que cette scène finale, censée symboliser la libération des peuples vis-à-vis de leurs dieux, n’avait aucun rapport avec l’opéra, et était contraire à la pensée de Mozart. Il n’y eut surtout aucune voix pour protester contre l’insupportable atteinte au christianisme.

 

Quand les méchants Turcs sont des prêtres catholiques

 

Et pendant ce temps-là, on parlait aussi de L’Enlèvement au sérail, dont on osait faire une contribution de Mozart à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

Au festival de Salzbourg, cette même année, on alla beaucoup plus loin. (Cette production a été diffusée au début de ce mois par Arte.) Le livret a été expurgé de toutes ses références à l’islam et aux Ottomans, et les deux méchants Turcs sont devenus des… prêtres catholiques, avec soutane, barrette sur la tête et crucifix en sautoir.

Il semble que cela devienne la mode, et, comme aucun évêque ne se permettrait de critiquer ce qui relève de la pleine et entière liberté d’expression dont les « créateurs » (qui sont pourtant des démolisseurs) doivent jouir sans entraves, il n’y a pas de raison de s’arrêter.

 

Les carmélites qui se suicident au gaz

 

Ainsi en est-il de la dernière production, donnée à Munich, des Dialogues des carmélites, de Poulenc, sur le texte de Bernanos. On sait que le personnage principal est Blanche de la Force, une jeune fille fragile, dominée par la peur, mais qui, à la fin de l’opéra, deviendra une martyre héroïque. Or, à Munich, Blanche de la Force est une « rebelle d’aujourd’hui, mi-bobo mi-junkie », comme dit Diapason. « Envoyant tout balader », elle « intègre une communauté aux allures de secte, une poignée de misérables régie par une vieille prieure maboule qui va bientôt mourir dans un dernier accès de démence sénile ». Mère Marie a « tout d’une camionneuse reconvertie en garde-chiourme ». et l’aumônier est « un criminel recherché dont la présence attire une descente de police ». Ce qui signe la fin de la communauté. Laquelle, alors, se suicide au gaz. Mais Blanche défonce la porte, sauve ses sœurs in extremis, et quand elle rentre à nouveau dans la cabane (car tout se passe dans une cabane), celle-ci explose…

Une telle mise en scène a assurément l’avantage de ne pas avoir à se poser le problème de la Révolution française et de ses persécutions anti-chrétiennes. Elle a l’avantage également de supprimer radicalement tout questionnement sur la foi et le martyre. Mais il ne faut pas oublier que le texte demeure. Et que ce texte sublime (sur une musique qui ne l’est pas moins) est ainsi tourné en dérision de la plus ignoble manière. C’est donc bien la foi catholique qui est tournée en dérision, qui est salie, avilie. Et pour ce faire on choisit précisément un opéra qui chante la foi catholique dans toute sa pureté, et l’engagement chrétien dans tout son héroïsme.

Et il n’y personne pour hurler, dans la capitale de la catholique Bavière, contre cet attentat anti-chrétien. Et il n’y a même personne, dans le monde intellectuel, pour hurler qu’on assassine Poulenc et Bernanos.

Vox clara ecce intonat

L’hymne des laudes au temps de l’Avent, traduction Pierre Corneille.

Vox clara ecce íntonat,
obscúra quæque íncrepat:
pellántur éminus sómnia;
ab æthre Christus prómicat.

Un saint éclat de voix à nos oreilles tonne,
Il dissipe la nuit qui nous couvrait les yeux,
Va, sommeil, et nous abandonne,
Jésus prêt à partir brille du haut des cieux.

Mens jam resúrgat tórpida
quæ sorde exstat sáucia;
sidus refúlget jam novum,
ut tollat omne nóxium.

Apprends, âme endormie, apprends à te soustraire
Aux fantômes impurs dont tu te sens blesser :
Le nouvel astre qui t’éclaire
Ne lance aucun rayon que pour les terrasser.

E sursum Agnus míttitur
laxáre gratis débitum;
omnes pro indulgéntia
vocem demus cum lácrimis.

L’incomparable agneau que du ciel on envoie
Vient payer de son sang ce que chacun lui doit :
Que les pleurs et les cris de joie
S’efforcent de répondre aux biens qu’on en reçoit,

Secúndo ut cum fúlserit
mundúmque horror cínxerit,
non pro reátu púniat,
sed nos pius tunc prótegat.

Afin que, quand son bras choisira ses victimes,
Qu’on verra l’univers environné d’horreur,
Loin de nous punir de nos crimes,
Ce même bras nous cache à sa juste fureur.

Summo Parénti glória
Natóque sit victória,
et Flámini laus débita
per sæculórum sæcula. Amen.

Gloire soit à jamais au Père inconcevable !
Gloire au Verbe incarné ! gloire à l’Esprit divin !
Gloire à leur essence ineffable,
Qui règne dans les cieux et sans borne et sans fin !

Un tweet de Christophe Castaner

« Je conclus ce soir à l’@imarabe le Congrès des musulmans de France du CFCM. Un moment important alors que nous avons à poursuivre ensemble vers un seul objectif : un Islam qui ait toute sa place en France, ancré dans les valeurs de la République. »

Castaner tel qu’en lui-même, ignorant tout de l’islam, voulant donner toute sa place à une idéologie totalitaire qu’il imagine pouvant être ancrée dans les valeurs de la République, alors que le totalitarisme laïque de la République est le contraire du totalitarisme théocratique de l’islam…

Couac

La Louisiane et le Texas avaient décidé d’exclure le « Planning familial » du système d’assurance santé Medicaid. Ils ont perdu leur procès contre le Planning familial et ont voulu saisir la Cour suprême. Il fallait que quatre des neuf juges de la Cour donnent leur feu vert pour que l’affaire soit examinée. Il n’y en a eu que trois : Clarence Thomas, Neil Gorsuch et Samuel Alito. Brett Kavanaugh, le dernier juge nommé par Donald Trump, et confirmé par le Sénat au milieu d’une énorme bronca de la culture de mort, ne s’est pas prononcé…

Saint Damase

Les résultats des fouilles et des études faites récemment nous apprennent que ce célèbre Pontife des martyrs naquit à Rome l’an 305 et que son père, nommé Antoine avait fait toute sa carrière ecclésiastique non loin du Théâtre de Pompée, près des archives de l’Église romaine : « Hic pater exceptor, lector, levita, sacerdos. » (1)

La mère de Damase portait le nom de Laurentia, elle vécut environ quatre-vingt-douze ans et fut ensevelie sur la voie Ardéatine. Cette Laurentia eut aussi une fille nommée Irène, qui fut vierge consacrée. Quant à Damase, il est dit de lui dans une inscription : « Natus qui antistes sedis Apostolicae » (2), précisément parce qu’il avait eu pour père un évêque, un des nombreux évêques ruraux disséminés à cette époque dans la campagne romaine. Dès sa jeunesse Damase fut employé aux Archives pontificales, et c’est là sans doute qu’il dut sentir naître sa vocation de poète des martyrs, commençant dès lors ses recherches historiques sur ces héroïques confesseurs de la Foi, — comme il le fit pour les martyrs Pierre et Marcellin, — recherches qui, parfois, purent profiter des dépositions orales des bourreaux eux-mêmes : « Marcelline, tuos pariter, Petre, cognosce triumphos Percussor retulit Damaso mihi, cum puer essem. » (3)

Damase fut élu pape in Lucinis (4) en octobre 366, mais dans les premiers temps de son pontificat il fut combattu par le parti schismatique d’Ursin auquel adhéra une bonne partie du clergé. Quand celui-ci se soumit enfin au Pontife, Damase attribua cette réconciliation à l’intercession des martyrs, et il orna de cette inscription la tombe d’un groupe anonyme de martyrs sur la voie Salaria : « Pro reditu cleri, Christo praestante, triumphans. » (5)

Il n’y a pour ainsi dire pas de tombe illustre de martyr dans les cimetières romains que Damase n’ait honorée de ses vers, ordinairement gravés sur marbre, en caractères spéciaux et très beaux que nous devons au calligraphie Furius Dionysius Philocalus. Mais il ne se contenta pas seulement des vers ; il commença des restaurations et des embellissements en faveur d’un grand nombre de sépulcres de saints ; de certains, comme celui d’Eutychius ad Catacumbas, on avait perdu jusqu’à la trace.

Damase creusa, chercha, refit l’histoire, rétablit le culte, et, en certains cas où le martyre subi pour la foi était encore discuté, le Pontife régla la controverse et fit la canonique vindicatio Martyris (6). Tel semble avoir été le cas de Némésius, dont la tombe « Incultam pridem dubitatio longa reliquit, Sed tenuit virtus adseruitque fidem. » (7)

Saint Damase mourut le 11 décembre 384 et fut enseveli près de sa mère et de sa sœur dans une crypte érigée par lui sur la voie Ardéatine, que le Liber Pontificalis appelle sans plus basilica sua.

Bienheureux cardinal Schuster

(1) Ce père greffier, lecteur, lévite, prêtre.

(2) Lui qui est né évêque du siège apostolique.

(3) Vos triomphes, Marcellin et Pierre, le bourreau les fit connaître à moi-même, Damase.

(4) Au lieu dit « in Lucinis », ou « à (la basilique) in Lucinis », dont on ne sait plus rien. Lucinis :aux accouchements (d’après Lucine, la déesse des accourchements), ou aux lumières (d’après lychnus latinisé en lucinus) ?

(5) Pour le retour du clergé, grâce au Christ, triomphant.

(6) Défense du martyr, justification de son martyre.

(7) Un long doute la laissa sans culte, mais… mais je ne sais pas traduire la suite…

Les yeux des fœtus et les souris humanisées…

Lu sur Gènéthique :

Une ordonnance gouvernementale américaine a suspendu tous les achats de tissus fœtaux à des fins de recherche. Une décision prise en septembre dernier, sans annonce publique. Plusieurs laboratoires, dans l’impossibilité d’acheter leur matière première, ont dû suspendre leurs recherches en cours. Cette semaine, le HHS, Ministère de la Santé et des Services Sociaux, a réduit la durée d’un contrat de recherche qu’il avait avec l’Université de Californie parce que celui-ci impliquait des tissus fœtaux humains, exigeant la suspension de tout achat de tissu fœtal humain jusqu’à ce qu’une enquête soit effectuée sur la protection applicable aux fœtus humains.

Les deux laboratoires principalement concernés sont le National Eye Institute, qui utilise les rétines fœtales pour ses expérimentations oculaires, et l’Institut national des maladies allergiques et infectieuses (NIAID), dans le Montana, qui exploite les fœtus avortés pour créer des séries de « souris humanisées » au système immunitaire proche des humains, pour la recherche de médicaments nouveaux, pour des maladies comme le Sida.

Aux USA, les chercheurs ne peuvent pas acheter eux-mêmes de tissus fœtaux humains, c’est le laboratoire Advanced Bioscience Resources (ABR), basé à Alameda, en Californie, qui fournit tous les chercheurs du pays en fœtus avortés. En septembre, la FDA a rompu un contrat d’achats à ABR pour des tissus fœtaux humains qui leur auraient servi à tester des médicaments. Ces fœtus humains sont utilisés « pour passer des découvertes en laboratoire aux études cliniques ».

Les chercheurs qui ne travaillent pas pour le NIH vont aussi être impactés par l’interdiction d’achat de fœtus humains. Ils sont nombreux à en utiliser. «Tout ce que je fais implique des souris humanisées. Cela ferait fermer mon laboratoire si nous nous trouvions dans l’impossibilité d’utiliser des tissus fœtaux », explique par exemple Jerome Zack, un virologue de Los Angeles qui achète des fœtus humains depuis 25 ans pour travailler sur des souris humanisées.

Au Chili

La Cour constitutionnelle du Chili a rejeté, le 6 décembre, un amendement à la loi sur l’avortement, qui interdisait le droit à l’objection de conscience dans les cliniques sous contrat avec l’Etat.

Des sénateurs avaient saisi la Cour au motif que cet amendement constituait une violation de la liberté d’association et de conscience.

La Cour leur a donné raison.

(L’an dernier, le parlement chilien a voté un texte qui légalise l’avortement lorsque la vie de la mère est en danger, si le fœtus n’est pas viable, et en cas de viol.)