François a viré le cardinal Burke de la congrégation pour les évêques, où il avait été nommé seulement en 2011. Il ne s’agit donc pas d’un renouvellement après un long mandat, encore moins d’une question d’âge puisque Raymond Burke a 65 ans. Il s’agit clairement d’un limogeage. Et du limogeage du cardinal le plus proche des milieux dits traditionalistes. Alors qu’il est d’autre part (et d’abord) préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique, on dit qu’il serait même bientôt envoyé dans un évêché…
Quand je pense que lorsque Benoît XVI l’a fait venir d’Amérique, je me disais que c’était pour préparer son dauphin…
Il est vrai qu’aujourd’hui le cardinal Burke n’est pas « dans la ligne », et à la différence de tant de courtisans il ne fait pas semblant d’y être. Ainsi a-t-il dit à propos de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium :
« C’est un type de document bien particulier. Je n’ai pas encore exactement déterminé… comment le qualifier. (…) Je ne pense pas que ce soit censé faire partie du magistère papal. Du moins, c’est mon impression. »
Or on rappellera que le cardinal, qui dirige (pour le moment) le plus haute juridiction de l’Eglise, est un spécialiste du droit canonique…
Il a dit aussi :
« On a un peu l’impression, ou alors c’est interprété dans ce sens par les médias, que le pape pense que nous parlons trop de l’avortement ou de l’intégrité du mariage entre un homme et une femme. Mais nous ne pourrons jamais parler assez de ces questions ! Il y a, littéralement, un massacre des enfants à naître… Nous ne pourrons jamais en parler assez, car si nous ne disons pas clairement que la vie humaine, la vie humaine innocente et sans défense, a une dignité inviolable, comment pourrions-nous comprendre vraiment quoi que ce soit en ce qui concerne les malades ou autres ? »