Ce matin en disant l’office je voyais à l’horizon le noir de la nuit se transformer en une écharpe bleu foncé, qui s’éclaircit lentement, et peu à peu se mit en place un somptueux décor de nuages qui se colorait en rose et orangé sur le ciel devenu améthyste. Et cela au fil des antiennes des laudes : « Ecce in nubibus cæli… » Voici que dans les nuées du ciel le Seigneur viendra avec grande puissance, alléluia… Voici qu’il apparaîtra, le Seigneur, il ne nous trompera pas ; s’il prend son temps, attends-le, car il viendra et il ne tardera pas… Voici que notre Seigneur viendra avec puissance, et il illuminera les yeux de ses serviteurs, alléluia.
Peu à peu la lumière se faisait plus vive, les couleurs s’éclaircissaient, le décor était de plus en plus triomphant, écrin de couleurs éclatantes et trône impérial, n’attendant plus que le Souverain, le Soleil de gloire.
C’était l’heure de prime. Et à l’instant même où je dis l’antienne de prime :
Ecce in nubibus cæli Dominus veniet cum potestate magna alleluia,
à cet instant même le soleil parut. Et immédiatement, tout le décor fut balayé comme par un grand coup de pinceau instantané, il fut tout entier englouti dans la lumière, tout l’horizon fut embrasé et il n’y avait plus qu’une seule couleur, celle du cœur de la flamme.
——-
* Psaume 18
Cæli enárrant glóriam Dei * et ópera mánuum ejus annúntiat firmaméntum (…)
In sole pósuit tabernáculum suum * et ipse tamquam sponsus procédens de thálamo suo
Exsultávit ut gigas ad curréndam viam * a summo cælo egréssio ejus
Et occúrsus ejus usque ad summum ejus * nec est qui se abscóndat a calóre ejus
Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce les œuvres de ses mains. (…)
Dans le soleil il a planté sa tente ; et il est lui-même comme un époux sortant de sa chambre nuptiale.
Il a bondi comme un géant pour parcourir son chemin. Son départ est de l’extrémité du ciel,
Et son arrivée à l’extrémité du ciel ; personne n’est à l’abri de sa chaleur.